LES INFOS À J-1

21 avril 2026 - 18:24

À retenir :

  • « Six ou sept coureurs peuvent gagner », pressent le responsable sportif de La Flèche Wallonne 2026, Jean-Michel Monin. La 90e édition de la course belge s’annonce plus ouverte que jamais. Avec trois anciens vainqueurs au départ (Julian Alaphilippe, Marc Hirschi, Dylan Teuns) mais pas à leur meilleur niveau, un nouveau lauréat est à prévoir au sommet du Mur de Huy.
  • Le phénomène Paul Seixas vient « se tester sur ce type de course », mais rejette l’étiquette de favori qui lui est parfois donnée. Il désigne son compatriote Kévin Vauquelin comme l'un des hommes à battre. De nombreux autres français sont parmi les outsiders, à l'image de Romain Grégoire qui « vise le podium ».
  • Ce podium, Mattias Skjelmose l’a connu en 2023 mais n’a pu le répéter ensuite. Le Danois a une revanche à prendre, tout comme Lidl-Trek. « On est en train de mettre la malchance derrière nous », croit son équipe qui veut le porter au plus haut. Il faudra venir à bout des Français, mais aussi du Norvégien Tobias Johannessen annoncé comme « un prétendant à la victoire ».

« SIX OU SEPT COUREURS PEUVENT GAGNER »

C’est devenu une tradition : depuis 2013, chaque Flèche Wallonne démarre d’un lieu distinct de l’édition précédente. La course découvre cette fois Herstal, avec un coup d’envoi fictif à 11h30 sur la place Jean Jaurès. La commune devient la 18e ville-départ différente dans l’histoire de l’épreuve. « La Flèche est focalisée sur son circuit final avec le Mur de Huy, mais ces départs permettent de découvrir de nouveaux endroits, de dynamiser les collectivités et de sillonner la Wallonie », félicite Jean-Michel Monin, responsable sportif de la course. Ce qui change aussi par rapport aux années passées, c’est la météo : pas de pluie à l’horizon, contrairement à 2024 et 2025. « Il devrait faire sec et pas trop chaud », avec des températures avoisinant les 15 degrés. « Il y a moins de risques dans ces conditions, donc le peloton va rouler un peu plus vite, être un peu moins crispé que sous la pluie. »

Et cette 90e édition n’a pas un grand favori, comme avec Tadej Pogacar en 2025, mais « plusieurs prétendants à la victoire. Six ou sept coureurs, et ils se valent sportivement ! À voir comment les équipes vont jouer leur jeu. Peut-être essaieront-elles de mettre chacune un homme devant, avant l’explication finale ». Celle-ci se dispute généralement sur les pentes du Mur de Huy, « la plus belle arrivée du calendrier. Le circuit final de presque 100 kilomètres est dur pour les coureurs échappés. Il faudrait avoir beaucoup d‘avance au premier passage à Huy pour s’en sortir. Ensuite, pas de mystère : en haut du Mur, c’est le meilleur qui gagne ».

© A.S.O./Billy Ceusters
Mattias Skjelmose (Lidl-Trek)
Mattias Skjelmose (Lidl-Trek)
Paul Seixas (Decathlon-CMA GCM)
Paul Seixas (Decathlon-CMA GCM) © TONYESNAULT

SKJELMOSE ET LIDL-TREK VEULENT « RÉTABLIR LES CHOSES »

Deuxième de l’Amstel Gold Race dimanche dernier, Mattias Skjelmose a aussi terminé second de La Flèche Wallonne en 2023. Le froid (2024) et une chute (2025) ont ensuite eu raison de ses ambitions. Le Danois a une revanche à prendre sur la course ardennaise. « Il est en forme et on a des ambitions », affirme son directeur sportif chez Lidl-Trek, Maxime Monfort. « Il avait bien marché ici en 2023 puis a eu de la malchance. Il faut se battre contre cela et essayer de rétablir les choses. » Des mésaventures, il y en a aussi eu en ce début de saison, avec notamment plusieurs coureurs blessés. « Mais je pense qu’on est déjà en train de mettre la malchance derrière nous avec cette belle performance à l’Amstel. Ici, c’est la continuité. On vise toujours la victoire mais on serait déjà content avec une belle course d’équipe », affirme l’ancien cycliste belge. Il s’attend à une explication finale dans la dernière montée du Mur de Huy, où il « espère avoir au moins deux hommes avec Skjelmose pour l’emmener au mieux. Ensuite, c’est un sprint d’un kilomètre où tout est possible ».

SEIXAS : « LE BUT EST DE ME TESTER »

Nouveau venu sur la course, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) est aussi le plus jeune participant au départ à 19 ans et 210 jours. Peut-il devenir le plus jeune lauréat de l’histoire ? Son début de saison sensationnel – vainqueur du Tour du Pays basque, 2e des Strade Bianche… – conduit certains observateurs à en faire le grand favori. « Ce n’est pas mon point de vue », répondait-il ce mardi. « Je viens pour me tester sur cet effort. On va essayer de faire le meilleur résultat, mais je ne suis pas fixé sur l'ambition obligatoire de gagner. » Une prudence due au profil du final dans le Mur de Huy, où la décision se fait généralement sur une accélération courte et violente. Ce n’est a priori pas la spécialité du Français, plutôt adepte des efforts longs. Mais il ne cesse d’étonner et a « spécifiquement travaillé ça avant le Pays basque. Je n’ai aucune certitude là-dessus car je n'en ai jamais fait face à d'autres très bons puncheurs, mais je sais que je peux être pas mal. Le but est justement de me situer. il y a une première à tout et c'est aussi pour ça que je ne me place pas en favori, car je ne connais pas encore cet effort, ni cette course. Savoir quand attaquer dans le Mur, bien le sentir… Ça va être une bonne découverte. Je préfère me dire que je vais voir comment ça se passe, et saisir ma chance ».

LA TROISIÈME SERA-T-ELLE LA BONNE POUR VAUQUELIN ?

Interrogé sur l’identité de son principal rival dans le contingent français, Paul Seixas a rapidement désigné un homme : « Kévin Vauquelin. Je le connais bien, il est vraiment bon sur ce type d’effort et il a quand même terminé deuxième lors des deux dernières éditions, donc je pense qu’il sera là demain. » Au-delà de son excellent palmarès sur La Flèche Wallonne, le Français a bien entamé sa première saison chez Ineos Grenadiers (5e du Tour de l'Algarve, 4e de Paris-Nice, 10e du Tour du Pays basque). Une chute lors de l'Amstel Gold Race, dimanche, aurait pu compromettre ses chances de briller à Huy. « Il avait intégré le groupe de tête, puis il est tombé et a perdu toute chance de victoire », regrette son directeur sportif, Christian Knees. « Heureusement, il s'en est sorti indemne. Il a juste perdu un peu de peau, mais il est toujours en bonne forme. On espère le meilleur et on a hâte de disputer un beau combat. » Pour la victoire, peut-être ? « On n’a pas fixé un objectif précis, car on ne veut mettre aucune pression sur Kévin, ni sur les autres. »

Lenny Martinez (Bahrain Victorious)
Lenny Martinez (Bahrain Victorious)
Kévin Vauquelin (Ineos Grenadiers)
Kévin Vauquelin (Ineos Grenadiers)
Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility)
Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility) © A.S.O./Gaëtan Flamme

UNE LÉGION DE FRANÇAIS CANDIDATS AU PODIUM

Outre l'étoile montante Paul Seixas et le double dauphin Kévin Vauquelin, d’autres coureurs français visent à marquer de leur empreinte la 90e Flèche Wallonne. Benoît Cosnefroy (UAE Emirates XRG) connaît le podium de Huy (2e en 2020) et arrive auréolé d'une 3e place sur l'Amstel Gold Race. « Je suis très content d'être dans une forme que j'ai rarement eue sur les Classiques », confie-t-il, espérant défendre avec succès le titre de son coéquipier Tadej Pogacar. Passé à quelques mètres du podium pour sa première participation en 2025 (4e), Lenny Martinez entend faire mieux. « J'aime le Mur de Huy car il est extrêmement raide et explosif, et je pense que cela correspond parfaitement à mon style », décrit le grimpeur de chez Bahrain Victorious. Arrivé 7e ces deux dernières années, son compatriote Romain Grégoire vise aussi un premier podium ce mercredi, après ses récentes 4e places aux Strade Bianche et sur l'Amstel Gold Race. « L’objectif est d’arriver placé au mieux dans le Mur, puis tout donner sans arrière-pensée jusqu’à la ligne. J’espère pouvoir viser le podium », révèle le coureur de la Groupama-FDJ United. « Je suis ambitieux car je sors de deux courses où j’ai pu jouer devant, donc je sais que je suis en forme. J’ai envie d’aller chercher un vrai résultat significatif. »

UNE PREMIÈRE POUR LA NORVÈGE ?

Jamais un Norvégien n'a remporté La Flèche Wallonne, et un seul est monté sur le podium : Jostein Wilmann, 2e en 1982, lors de la dernière édition à ne pas s’achever à Huy. Pour sa cinquième participation, l'équipe Uno-X Mobility espère réaliser un exploit historique avec Tobias Johannessen. « Il est assurément un prétendant à la victoire car il est en grande forme », affirme avec confiance son directeur sportif, Gabriel Rasch. « Il a réalisé un très bon Tour du Pays basque (3e) et il se sent encore mieux en ce moment. Mais il devra tout de même battre Seixas et Skjelmose… » Second de Milan-Turin et 4e de Tirreno-Adriatico, Johannessen est plus affûté que jamais cette saison. « Il a toujours eu le niveau qu'il affiche actuellement, mais il est maintenant plus régulier après avoir pu bien s'entraîner tout l'hiver. » Audacieuse dans ses stratégies lors des précédentes éditions de La Flèche Wallonne, la formation norvégienne semble vouloir attendre le final cette année. « On prévoit une course intense tout au long de la journée, avec de nombreuses offensives dans les derniers tours et un petit peloton à l'entrée de Huy. Mais nous ne tenterons aucune attaque folle cette fois-ci ! »

© A.S.O/Maxime Delobel

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