Alaphilippe, en patron

24 avril 2019 - 16:41

Les favoris sont en général assez clairement identifiés sur la Flèche Wallonne. Et cette année, Julian Alaphilippe s’avançait vers la défense de son titre avec la faveur de tous les pronostics. Il reste que le leader de Deceuninck-Quick Step a dû contrôler avec ses équipiers une course particulièrement mouvementée qui a éliminé en cours de route une partie des hommes en vue, comme Dan Martin, Adama Yates ou dans une moindre mesure Peter Sagan. Dans ce contexte, c’est un groupe d’environ 25 coureurs qui s’est présenté au pied du Mur de Huy, l’explication se réduisant dans les 300 derniers mètres à un duel entre Jakob Fuglsang et Julian Alaphilippe. Le Français s’est imposé avec une courte avance et remporte la neuvième victoire de sa saison. Il devient par ailleurs le premier coureur signataire la même année du doublé Milan San Remo-Flèche Wallonne depuis Laurent Jalabert en 1995.

5 hommes à l’avant
175 coureurs prennent le départ de la Flèche Wallonne à Ans. L’échappée est lancée par une accélération au km 9 de Joseph Rosskopf (CCC), Robin Carpenter (Rally UHC), Kenneth Van Rooy (Sport Vlaanderen), qui sont rejoints dans un premier temps au km 12 par Tom Wirtgen (Walonnie Bruxelles), puis par Koen Bouwman (Jumbi-Visma) au km 20, où le groupe se stabilise sachant que Sergio Rodriguez (Euskadi-Murias), momentanément intercalé, stoppe son effort. A ce stade, l’écart en faveur des attaquants atteint 5’45’’, mais la prise en mains de la course par l’effectif des Quick Step met fin à la courbe ascendante.

L’échappée se transforme en trio
L’accélération des coéquipiers de Julian Alaphilippe a pour effet de morceler le peloton, qui se reconstitue toutefois au 35e kilomètre de course. L’écart se réduit alors à 4’, pour être ensuite stabilisé par l’équipe belge autour de 5 minutes. C’est par exemple le retard enregistré au ravitaillement (km 87,5), puis le peloton se rapproche à 2’40’’ lors du premier passage sur la ligne d’arrivée, tandis que Van Rooy puis Wirtgen ont perdu leur place dans le groupe dans le Mur de Huy. Derrière, un trio de contre-attaque s’est formé après la première ascension de la côte d’Ereffe (km 123), avec Benedetti (Bora), Perichon (Cofidis) et Caruso (Bahrain), augmenté de Slagter (Dimension Data) et Haas (Katusha) dans la deuxième ascension de la côte d’Ereffe (km 148).

Movistar mène la poursuite
Peter Sagan puis Dan Martin font partie des leaders éliminés dans la côte de Cherave, lâchés à 35 km de l’arrivée, mais c’est sur chute deux kilomètres plus loin que Pozzovivo, Kreuziger et Yates perdent leurs chances. La sélection se durcit ensuite dès la deuxième ascension du Mur de Huy, où après l’anéantissement de la contre-attaque, le dernier résistant de l’échappée, Joseph Rosskopf (CCC), n’a plus que 10’’ d’avance sur le peloton. C’est une accélération de Bjorg Lambrecht (Lotto) qui précipite la constitution d’un nouveau groupe de tête avec Mas, Verona, Lambrecht, Wellens, Howson, Ciccone, Formolo, McCarthy, Schachmann, Poels, Slagter, Molard, Henao, Ulissi, G.Izaguirre, Sanchez, Teuns, De Marchi, Rosskopf, Lietaer et Gonzalez. Mais le travail des Movistar dans le peloton reforme à 23 km de l’arrivée un peloton de favoris où les attaques deviennent de plus en plus difficiles.

Un match Alaphilippe-Fuglsang
Tomasz Marczynski tente tout de même sa chance à 21 km du but, suivi par Mohoric qui le rejoint à l’entrée dans les 10 derniers kilomètres. Le duo dispose alors d’une vingtaine de secondes d’avance sur le peloton, mais craque dans le dernier acte de la côte de Cherave, à 6,5 km de la ligne. La situation est alors contrôlée par Enric Mas et Julian Alaphilippe en tête d’un peloton qui ne comprend plus qu’une petite quarantaine de coureurs. Le rythme imprimé réduit encore le volume à 25 unités au moment de s’attaquer au Chemin des Chapelles pour la dernière fois. Michal Kwiatkowski mène le groupe à 500 m de l’arrivée, mais se retrouve éclipsé par une attaque de Jakob Fuglsang. En tête, le coureur d’Astana est toutefois talonné par Julian Alaphilippe, seul capable de le suivre… et surtout de porter un effort décisif à 150 mètres de la ligne. Le Français s’isole et résiste jusque dans les derniers mètres au retour de Fuglsang.

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